
FUGU (͓), le tétraodon moucheté ou poisson-globe
Si vous considérez que manger du Fugu est similaire à jouer à la roulette russe, vous serez étonnés d'apprendre que le joueur ne charge jamais le pistolet. Il est appelé tepo (pistolet) dans certains pays, car le manger préparé par des mains non expertes revient à jouer à la roulette russe.La variété
de ce poisson utilisé dans la cuisine japonaise est particulière
et ne comporte qu'une quantité négligeable de toxines. Sa
chair, découpée en tranche aussi fine que du papier à
cigarettes et disposée de facon artistique dans les assiettes, est
délicieuse. Le grand nombre de restaurants de Tôkyô
spécialisés dans ce met atteste de l'attirance des gourmets
pour celui-ci.
Possédant de petites nageoires en formes d'ailerons, le Fugu se
déplace lentement et est plaisant à regarder. Pour se défendre
des autres poissons, il inhale une grande quantité d'eau et se transforme
en une grosse boule d'une taille double de celle qu'il possède à
l'état de repos. Cette caractéristique a conduit les Japonais
à écrire son nom avec les deux caractères chinois
signifiant le cochon de la rivière, alors que les noms donnés
par les Anglais sont poisson-ballon, poisson-globe, poisson-gonflé,...
Malgré le danger qu'il représente et son prix exorbitant,
plus de 30 000 yens soit 240 euros quelques dizaines de milliers de yens,
le Fugu est devenu un poisson extrêmement populaire.
L'histoire du Fugu.
Avec la découverte de squelettes de Fugu dans un monticule de coquilles,
on sait maintenant que les Japonais appréciaient déjà
ce poisson pendant la période Jômon (10 000 - 300 avant J
.C.).

La consommation du Fugu s'est développée dans l'île
de Kyûshû à Shimonoseki où on le trouve en abondance
durant les mois d'hiver. Le mot fugu provient du terme fuku
qui veut dire gonfler. Il est aussi illustré dans le proverbe japonais
concernant les gens qui intériorise leur problème : si vous
ne parlez pas de vos soucis, votre estomac gonfle.
Cependant, il existe dans l'histoire du Japon des époques pendant
lesquelles manger du Fugu était interdit. Toyotomi Hideyoshi, figure
historique du XVIème siécle, inquiété par la
perte élevée de ses hommes par empoisonnement, en proscrit
la consommation.
Selon Takeshi Amido, membre de l'association des entreprises de distribution
du Fugu de Shimonoseki, Hirobumi Ito (1841 - 1909) alors qu'il était
premier ministre du Japon fût chargé de réintroduire
le Fugu au menu des Japonais. Il visita la ville de Shimonoseki et mangea
du Fugu. Il fût séduit par le goût de la chair au point
qu'il demanda à la préfecture de d'annuler l'interdiction
pesant sur la consommation de ce poisson. L'annulation devint reglementation
puis se répandit à travers tout le pays.
Les preparations.
Biens que chaque restaurant détienne sa propre spécialité,
les menus de Fugu sont standards. Ils sont composés de la façon
suivante :
Il ne faut que quelques minutes à un chef expérimenté
pour transformer un Fugu vivant fraîchement sorti de son aquarium
en de gros morceaux de chair à ragoût de nabe ou en
filets blancs de sashimi . Lors de la découpe, les organes
toxiques sont soigneusement enlevés.

Dans un restaurant de Fugu du quartier de Ginza (lieu célèbre
de Tôkyô), la préparation du poisson était si
rapide, que les morceaux de chair places sur le lit de chou chinois
hakusaï bougeaient encore alors que le plateau était servi
sur la table. Les clients, impressionnés par cette fraîcheur,
commencèrent immédiatement à manger et apprécièrent
d'autant plus ce délicieux plat.
Dans les plats de Fugu on trouve le nabe , aussi connu sous le nom
de tecchiri , qui est un ragoût de gros morceaux de chair, accompagné
de tofu et de légumes tels que le hakusai (chou chinois),
les poireaux et les champignons shiitake , baignant dans un potage
de miso ou un bouillon clair d'algues. Des morceaux de peau sont également
ajoutés.
Daïchi, propriétaire du restaurant Torafugu de Ginza (lieu
célèbre de Tôkyô), affirme que la peau de Fugu
est riche en collagène et donc bon pour la peau. C'est pour cette
raison qu'elle particulièrement appréciée des femmes.
Les ingrediénts, cuits dans le bouillon, sont plongés dans
une sauce, mélange de soja et de jus d'agrumes. Une mixture de piment
et de radis blanc japonais (daikon) râpé, appelée
momiji orishi , ajoute de la saveur à cette sauce.
La sauce aigre-douce accompagnée de potage à base de miso
convient parfaitement au Fugu. Le charme de ce poisson est qu'en raison
de son goût simple, il peut être assorti à toutes sortes
de sauces énonce Amido.
Quand la plupart des ingrédients du nabe ont disparu dans
la bouche des gourmets, c'est le moment d'apprécier le zosui
de Fugu , qui est un gruau de riz. Le Fugu procure un excellent bouillon
facilement absorbé par le riz.
Le sashimi ou tessa est un autre met spécifique du Fugu. La
chair étant blanche et élastique, on peut la découper
si finement que l'on peut apercevoir les motifs du plat à travers.
La peau aussi peut être servie en sashimi.
Le restaurant 'Torafugu Tei' propose du Fugu d'élevage, mais on
peut trouver dans les autres restaurants de Tôkyô du Fugu sauvage.
Il est naturellement plus cher.
Mais, qu'est-ce qui fait le charme du Fugu ?
Seulement servi en hiver, afin de diminuer au maximum les risques d'intoxications
dus à son systéme naturel de défense, le fugu est
consommé suivant une législation stricte. Seuls des chefs
cuisiniers accrédités par les autorités compétentes
peuvent proposer ce met délicat à leurs clients. La chair
délicieuse est décrite par le terme shiko-shiko qui
exprime un subtil mélange entre croquant et caoutchouteux.
Takeshi Amado, membre de l'association des enterprises de distribution
du Fugu de Shimonoseki, l'explique avec un grand sourire en disant :
Bien sûr, c'est parce que le goût du Fugu est délicieux.
La texture élastique de sa chair est une autre raison de sa popularité.
Daïchi, propriétaire du restaurant Torafugu de Ginza (lieu
célèbre de Tôkyô), dit : En raison de leur
saveur huileuse, vous pouvez vous lasser des poissons tel que le thon ou
la daurade, mais grâce à son goût simple et délicat
vous ne vous lasserez jamais du Fugu.
Pour satisfaire à la demande de Fugu et éviter les empoisonnements,
chaque préfecture à établi des règles strictes
pour la manipulation de ces poissons au potentiel mortel.
A Tôkyô, les chefs cuisiniers doivent obtenir un permis spécial
pour préparer ce poisson et les restaurants qui le servent doivent
etre accrédités par la Mairie.
Selon Hideki Kadobayashi, membre du bureau de la santé publique
de la Marie de Tôkyô, le nombre d'établissements, restaurants
et magasins spécialisés dans la préparation, la vente
et la dégustation du Fugu s'élève à 3800.
M Taekshi Amado dit : Grâce aux progrès de la pisciculture,
les différences entre le Fugu d'élevage et le Fugu sauvage
s'estompent .
Il rajoute que : En raison de la température relativement basse
de la mer, la viande de Fugu est plus élastique pendant la saison
d'hiver. Les meilleurs mois pour en manger sont janvier et février.
Hideki Kadobayashi (membre du bureau de la santé publique de la
Mairie de Tôkyô) a averti les personnes ne possédant
aucune expérience dans la préparation du Fugu de ne jamais
essayer d'en préparer eux-mêmes.
Vingt deux différentes sortes de Fugu ont été répertoriées
par le gouvernement japonais pouvant être préparées
par les restaurants. Le poison pouvant selon l'espèce se trouver
dans divers organes et même dans le tissu des muscles ou la peau,
il est donc nécessaire d'avoir suivi une formation approfondie afin
de connaître les parties à conserver et celles à jeter.
En conséquence, l'obtention du titre 'Chef de Fugu' est très
difficile à obtenir. En plus d'une connaissance absolue de la constitution
du poisson, les candidats doivent montrer leur capacité de le cuisiner
afin d'offrir un plats exempt de toute toxique. Seulement vingt-cinq pour
cent des postulants obtiennent le diplôme.
Au Japon, le 9 février est déclaré jour national du
Fugu. Ce mets dangereux s'il est préparé par des cuisiniers
inexpérimente a été interdit dans le passé.